Qu’il fait bon d’être bête.
Au box n° 16, rendez-vous avec Monsieur Chose.
« Monsieur, j’aime votre moustache et votre crâne nu, vos lourdes épaules, votre calme ténu.
Monsieur, je veux aujourd’hui me rendre visible à vous, toute nue; là, dans votre bureau, vitres astiquées, classeurs consignés, stylos époussetés. Cela me prend tout d’un coup, comme une lubie,
une piqûre de mouche, une envie de ch… Je ne peux souffrir encore votre bureau décapé, votre air attendu, vos gestes braqués. Tout de suite après je m’en irai. Je veux juste voir votre mine se
dilater, contempler votre physionomie étonnée, votre « vous » décontenancé; crever cette apparence derrière laquelle vous vous planquez. Laissez moi rire un peu, l’automne me fait
pleurer, et si vous le permettez, je vous chatouillerai sous les doigts de pieds.
Votre visage est drôle Monsieur, vos gestes énervés, votre moustache rebique, votre bouton a sauté…
Attention ! Je vous mord le cou, laissez tomber vos bras… (Non, ne me touchez pas ! ... Juste un peu alors… oui, comme cela). Restez donc assis, prenez moi sur vos cuisses, j’ouvre
votre chemise, laissez-moi glisser à l’endroit qui me plaît. Quel souffle étonnant Monsieur, quels feux étranges au fond de vos petits yeux… Ah vous voilà démomifié ! J’aime quand votre
corps menace, s’anime, habite l’espace, grand singe opprimé, et ce regard délié, non ne bougez pas, restez à votre place, oui, je m’en vais. Au revoir Monsieur et encore merci ; quel beau
visage vous avez ! Un pareil visage… Terrible et beau, du charme, de la sensualité, je vous suis gré de me l’avoir montré. Adieu Monsieur, jamais je n’oublierai… Je voulais juste rire un
peu, l’automne me fait pleurer ».
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